Il y a une nouvelle campagne d’affichage pour Spa Vert et pour Spa Rouge. On voit simplement les deux bouteilles, sur fond neutre, packshots vaguement animés. Pas même un coin de table, une tranche de pastèque au moins comme alibi conceptuel.
Je ne peux pas m’empêcher de penser à toutes ces campagnes brillantes de la marque qui ont fait notre petite histoire de la pub. Le corps en vacances, l’eau qui grandit, le verre dans la figure, tout ça. Une des rares réussites du ‘brand building’ à la belge reconnues chez nos voisins (ah le fameux ‘Spa Rood’ hollandais…).
Ne resterait donc que la quintessence du message publicitaire. Le produit et rien d’autre. Est-ce un choix stratégico-créatif peu inspiré ou le mieux que l’agence ait pu faire avec le budget et le temps disponible ? Au risque de me tromper lourdement, je crains que ce soit surtout l’épaisseur du portefeuille de l’annonceur qui pose problème.
Regardez attentivement les communications des marques belgo-belges. Spa n’est pas un cas isolé. La tendance est au ‘reduce to the max’. Il y a de plus en plus de place pour les produits en gros plans, les ‘stock-shots’, les spots de courte durée…
Faut être réaliste : le marché n’a plus les moyens des super productions publicitaires. Ou plus probablement, il n’a jamais eu les moyens et a fini par s’en rendre compte. Oui, je sais, c’est frustrant. Mais bon… Il faut toujours vivre dans la vraie vie. Si on accepte que nos annonceurs ont des budgets réduits, on peut mieux les aider en faisant avec plus avec moins. Oh tiens, c’est un slogan à nous, ça... Marrant. On n’a pas tout faux alors ?
Tant que j’y suis, tout à fait autre chose… Spa, à travers cette campagne, propose une nouvelle synthèse (involontaire ?) de nos différences culturelles. Il y a deux eaux présentées (verte peu pétillante, rouge très pétillante). Au nord, la marque soumet le choix via une interrogation : ‘Hoe bruisend ben jij ?’ Au sud, elle impose le choix via une affirmation : ‘Pétillez comme vous voulez’. En résumé, on, peut guider les wallons, mais il faut que les flamands participent aux décisions. Et si c’était ça la solution pour aborder les négociations politiques. Elio y a-t-il réfléchi pour rédiger sa note ?
PS : C’est pour rire, hein ? Je sens déjà poindre quelques sensibilité culturo-politiques inutiles.


